jeudi 7 juin 2012

Des coups de coeur, des coups de gueule...notre préféré!

Enfants à Lamen Bay - île d'Epi

Le Vanuatu : 83 petits rochers dans le sud-ouest de l’océan Pacifique, en mer de corail,  entre la Calédonie et les Fidji. Comment ne pas y aller quand on est si près (Nouvelle Zélande) ?!

On y va sans trop se renseigner, on s’y risque … et quelle surprise ! Nous sommes effrayés par les prix exorbitants à tout niveau (logements, transports, activités,…). A peine arrivés, nous nous demandons comment on va faire pour s’en sortir financièrement pendant 24 jours. En pleine panique, on fait augmenter notre ligne de crédit...Nous sommes complètement affolés ! Et puis…après quelques jours, on se rend compte qu’il s’agit en fait de la promotion d’un tourisme de luxe et…après une semaine, on se rend compte qu’en se la jouant « local » (nourriture, dodo en tente et déplacement à pied), il y a moyen de visiter ce pays de manière bien moins chère (à part pour les transferts inter-îles qui restent assez chers si on prend l’avion et un peu plus économiques mais très très incertains si on prend les bateaux, cfr l’île d’Epi dans les détails du voyage!).

Le Vanuatu, c’est avant tout, le pays le plus différent et le plus surprenant qu’on ait fait jusqu’à présent. Nous avons tellement appris, tant sur leur culture que sur nous-mêmes ! Des coups de cœur et des coups de gueule, il y en a pour toutes les humeurs !  Quoiqu’il en soit, nous en gardons des souvenirs impérissables: expérience culturelle dans une tribu qui vit encore uniquement de la chasse à l’arc-à-flèches et de la cueillette et fait du feu en frottant deux bouts de bois, ascension jusqu’au cratère d’un volcan en éruption, partage de la vie quotidienne au sein d’une famille des îles, professeurs d’histoire improvisés dans le secondaire pendant quelques heures, poissons de toutes les couleurs vus en snorkeling puis dans notre assiette, …

Un vrai jardin d’Eden, tout y pousse. On pourrait plutôt même dire que tout tombe des arbres et pourrit sur le sol tellement il y a tout simplement trop ! 

Sur les îles de Vanuatu, il n’y a aucun animal dangereux (excepté le moustique porteur de la malaria à certains endroits), ce qui fait qu’on peut se promener et dormir n’importe où. L’eau est potable partout, dans n’importe quelle rivière, ruisseau, flaque,… Vraiment incroyable !!!
 C’est incontestablement la vie des îles comme on peut se l’imaginer :
-          Les hommes qui glandouillent toute la journée sous un arbre (plus paresseux que ça tu meurs…) et les mamas qui se promènent avec des sacs tissés en feuilles de palmier remplis de manioc, tarro et autres légumes inconnus par chez nous.
-          La mer chaude (parfois jusqu’à 35°!) et turquoise, les coraux et les milliers de poissons de toutes les couleurs….
-          Les petites îles où tout le monde se promènent à pied et connait toujours les propriétaires des quelques transports croisés (jeep, cargo, bateau,…)

Quand tout va bien, un vrai paradis … mais au moindre souci, un vrai enfer ! Lorsque nous avons été bloqués sur l’île d’Epi (cfr détail du voyage), personne ne savait/voulait nous aider. Par paresse, tout le monde se défile et postpose l’aide à un voisin…et le plus exaspérant c’est que tous disent «  Don’t worry, be happy ! » en pleine crise…on a tous les deux craqués ! Impossible de résister !!!!

Nous avions prévu large en temps (plus de trois semaines sur place) et finalement c’était trop court :
On a voulu tenter l’expérience du bateau/cargo que prennent les locaux pour voyager entre les îles mais, cela nous a valu d’être bloqués onze jours sur l’île d’Epi (retards et annulations successifs des bateaux). Malgré que cela nous ait permis de vivre la vie réelle de ces habitants au jour le jour (11 jours dans la même famille !), cela nous a empêché de découvrir les autres îles (nous avons notamment manqué le saut du Gaul à Pentecost (horrible frustration !), les épaves de Espiritu Santo, les volcans d’Ambrym, les tribus cannibales de Malekula, …).

Nous avons aujourd’hui des milliers de superbes souvenirs en tête mais sommes également chargés de regrets car on sait que le pays ne sera plus jamais comme il l’est aujourd’hui. Il évoluera, les habitants voudront du confort (l’électricité par exemple), devront donc travailler pour gagner de l’argent et les mentalités changeront donc… c’est déjà le cas pour l’île d’Efate où beaucoup de familles travaillent pour se procurer de l’essence pour leur générateurs d’électricité. Sur l’île d’Epi par exemple, pas d’électricité et donc pas besoin de travailler… 

Il fallait peu pour que nous n’allions pas au Vanuatu (réponse négative d’une famille néozélandaise pour y faire du woofing)… Nous serions passés à coté du pays le plus incroyable que nous ayons visité jusqu’à aujourd’hui !

Volcan Yasur - île de Tanna





Pour plus de détail sur ce voyage, rendez-vous sur la page Vanuatu

samedi 5 mai 2012

3350 kilomètes en Toyota Starlet...


Sur la route vers le lac Tekapo

Le ciel est bleu pétant, l’herbe verdoyante, le soleil brille, les fenêtres ouvertes et le vent dans les cheveux (d’Elza…), on roule, on se promène, on sillonne l’île du sud de la Nouvelle-Zélande en petite Toyota Starlet. Nous sommes sur la route pour 31 jours.

Le ciel est noir, l’herbe aplatie par les rafales, les fenêtres fermées, le chauffage à fond, les essuie-glaces à toute allure, la banquette arrière recouverte de vêtements détrempés qui peinent à sécher, une petite odeur de chaussette dans l’habitacle…C’est ça aussi la Nouvelle-Zélande en été. 

Mais quelle liberté d’avoir notre propre véhicule. On fait nos courses, on va à notre propre rythme, on quitte les lieux lorsque ça nous plait, on dort sous tente dans les campings (le plus souvent gratuits) ou dans un jardin,…On fait notre popote quoi ! Quel changement dans notre mode de voyage, ça fait du bien de varier !

Nous avons utilisé notre petite Toyota sous toutes ses formes : salle à manger par temps de pluie, chambre à coucher par tempête, cinéma lorsque l’envie nous prenait, placard à provision (souvent très difficile pour Sylvain de ne pas craquer sur le coffre où de nombreux paquets de biscuits y reposaient…savoir gérer les stocks, toute une discipline !).

On s’attendait à des paysages naturels grandioses et nous n’avons pas été déçus….Que du contraire ! Nous avons également été  surpris par leur variété : l’île du Sud ne se résume pas à une chaîne montagneuse comme on le pensait. Certes, il y a des cimes blanches qui dominent le centre de l’île, mais aussi, des km et km de prairies bondées de moutons, vaches ou autres, des grands lacs ou encore des plages parfois sauvages et agressives, parfois tropicales. Juste en conduisant à peine une paire d’heures vous passez d’un glacier de montagne à une colonie de phoques. Surprenant la richesse qu’il s’y cache !

Par contre – on ne sait toujours pas si c’est la déformation asiatique – mais nous avons été « choqués »  (c’est vraiment le mot !) par le coût de la vie du touriste en Nouvelle-Zélande. Pour ceux qui ont un budget serré, préparez-vous à refuser pas mal d’activités touristiques (surtout que l’euro n’est pas au top de sa forme !). C’est souvent frustrant (surtout quand on est si loin de la Belgique) mais c’est parfois tout simplement inaccessible : presqu’aucune activité en dessous de 100€ ! Les Néo-Zélandais ont l’art de perfectionner le service au point qu’il est impossible de rendre la chose bon marché. L’exemple flagrant sont les sentiers de randonnée, les« great walks », qui sont transformés en réelles pistes cyclables macadamisées parsemés de caty cabine élégantes….Oui oui tout ça à plus de 1000mètres d’altitude où tout est ramené par un ballet d’hélicos… Le coût de construction et transport se répercute bien évidemment sur le prix des nuits  en refuge ou dans les emplacements de camping. Un autre exemple sont les gigantesques bateaux – presque de croisière – pour aller faire un petit tour d’une heure dans les fjords…jamais moyen de faire simple et petit budget…
On regrette l’Asie où les choses étaient bien moins sophistiquées, parfaites pour les backpackers.

Le budget serré, nous nous sommes donc concentrés sur notre activité fétiche : le trekking…Même si les « great walks » reviennent chérots, il y a toujours moyen de s’en sortir en faisant du camping sauvage (autorisé dans les parcs naturels si on plante la tente à plus de 200m du sentier) ou alors se faire des rando « backcountry treks », bien plus naturels, sauvages et sportifs ! Vraiment à faire…Dommage que les offices touristiques ne promeuvent aucun d’entre eux ! La marche en Nouvelle-Zélande est un réel plaisir et offre des paysages à chaque fois différents.

Nous avons par ailleurs désenchanté sur le mythe de la Nouvelle Zélande hyper écolo. Bien que le pays ne produise que de l’électricité verte, la consommation est tout autre à petite échelle : tous les habitants ont des jeeps; des hélicos et avions décollent de partout à toute heure, pas une heure de voiture sans voir un panneau "Danger – cyanure de potassium" (pour tuer les opossums),.. . Sur la côte ouest, au glacier Franz Josef, il est plus difficile de trouver une paire de crampons qu’un hélico ! Hallucinant !

Mis-à-part ça, nous avons trouvé les Néozélandais super sympas, accueillants (plusieurs fois nous avons été accueillis à bras ouverts pour dormir chez eux) et très serviables (toujours prêts à indiquer le chemin, prennent rapidement en autostop, ils ont pas mal la parlante,…). Toutefois, aucun échange avec les moins de 30 ans totalement indifférents à notre présence.

Et pour être honnête, même si c’était souvent frustrant de ne pas pouvoir faire certaines activités (prix élevés) alors qu’on est si loin de la Belgique, on doit avouer que ce pays nous a bien bluffé… Lorsqu’on regarde nos photos aujourd’hui, on se rappelle la partie de plaisir, nos bottines aux pieds ou le volant en main, qu’on a eu ces jours sur l’île du sud de la NZ!!


Le Milford Sound, un site emblématique de Nouvelle Zélande

Pour plus de détail sur ce voyage, rendez-vous sur la page Nouvelle Zélande

mardi 24 avril 2012

Les Philippines, bien plus que des plages de sable blanc...


La baie de Secret Paradise

Vous qui pensiez qu'être seul sur ce genre de plage était inaccessible pour les petits budgets, et bien détrompez-vous...Voici un petit coin de paradis encore bien loin du tourisme de masse: les Philippines!
Cet archipel est composé de nombreuses îles. En un mois, nous n'avons eu le temps que d'en visiter deux: Luzon et Palawan.

Tout d’abord la capitale, Manille. Heureusement pour nous, nous ne sommes pas restés très longtemps dans cette ville. Malgré l'adorable accueil de Soso et Frounch, nous n’y avons trouvé aucun cachet mis-à-part les nombreux jeepney (anciennes jeeps américaines customisées en mini bus) tous plus tunés les uns que les autres. Nous avons été fort marqués par la misère présente dans la ville. De tous les endroits traversés jusqu'à présent, c’est la première fois qu'on la côtoie vraiment: gangs d'enfants se promenant cartons sous le bras à la recherche d'un endroit où loger, malheureux dormant à même le sol dans la rue, bidonvilles,...  Ça fait mal au cœur!

Le reste du pays reste assez pauvre mais non misérable. Dans les campagnes, les gens vivent au rythme des saisons et se nourrissent presque exclusivement de leurs récoltes (càd riz tous les jours à tous les repas). Mais une chose est commune à tous les Philippins, c’est le goût pour le chant. A toute heure, à tout âge, les Philippins chantent sans aucune gêne. Tout le monde sourit tout le temps comme si ils n’ont jamais eu de soucis dans leur vie!

Les Philippines ayant été occupées par les Américains pendant de longues années, presque tous parlent anglais (d’ailleurs, en rue, tout est écrit en anglais). Cela facilite très fort les rencontres avec les locaux. Contrairement à la majorité de l’Asie de Sud-Est, ils cherchent le contact et l'échange. Un autre gros changement par rapport à ce qu’on a pu connaitre avant, fini les négociations ou à peu près. La majorité d’entre eux sont honnêtes.
Autre particularité du pays (qui ne peut laisser aucun Occidental indifférent on pense…), les lady-boys!! On nous avait parlé de ceux de Thaïlande, qui au final étaient très discrètes... euh discrets… Ici, elles ou ils sont partout et tellement bien « refaites » ! On se demandait même si c’était un / une, vraiment ou pas ?

Bon, revenons à nos îles :
- L’île de Luzon est principalement connue pour les rizières dans le nord (on n’a pas eu la chance de les voir vertes mais malgré cela le paysage était à couper le souffle. On n’ose même pas imaginer comment doit être la vue quand elles le sont… Sans aucun doute, elles méritent bien leur titre de 8ème merveille du monde!), le volcan Mayon (considéré comme le plus parfaitement conique du monde) et le snorkeling à 1 mètre des requins-baleines à Donsol (oui oui, en masque et tuba à un mètre des spécimens pouvant mesurer jusqu’à 18 mètres!).
- L’île de Palawan est quant à elle réputée pour ses plages de sable blanc et ses multiples criques désertes. Là, on se croyait vraiment au paradis: une eau turquoise et limpide, le plus beau corail du notre tour du monde, les petites barques de pêcheurs tellement typiques, les minuscules îles accessibles uniquement en bateau… Rien qu’en snorkeling, nous avons pu voir des poissons lions, poissons-clowns, tortues, murènes, serpents de mer, raie aigle,…

Pour devancer votre question « Qui a les plus belles plages ? Thaïlande ou Philippines ? », Voici déjà une courte réponse: D’après notre expérience, la Thaïlande possède des plages/côtes plus variées et impressionnantes (ex: les falaises plongeant dans la mer à Koh Phiphi), une densité de poisson plus élevée mais une concentration de touristes et de yachts privés détruisant le spectacle. Les Philippines ont des plages/criques désertes très accessibles, une variété de poisson plus grande, des coraux plus colorés,… pour tout dire, plusieurs fois, nous y avons eu le sentiment d’être un millionnaire sur son île de rêve privée !

Pour finir, ceux qui sont à la recherche d’un endroit paradisiaque pour leur lune de miel ou simplement un endroit zen et relaxant, ce pays vous attend !

Les rizières en terrasse entre Cambulo et Pula


Pour plus de détail sur ce voyage, rendez-vous sur la page Philippines


dimanche 22 avril 2012

Des mégalopoles asiatiques, des bouffées d'occident...



Après des mois à sillonner les campagnes, montagnes, plages et villages en Asie, nous voici en ville, gros sacs sur le dos, entourés de gratte-ciels : Hong Kong, Singapour et Kuala Lumpur au menu.

Hong Kong: Victoria Harbour

Les 4-5 jours à Hong Kong restent inoubliables ! Nous y avons été accueillis comme des rois chez Dominique et Geert : chambre perso avec superbe vue sur Hong Kong, douches chaudes, vins, succulents petits plats,… alalala… le rêve… Cela faisait 6 mois que nous n’avions pas un vrai petit « chez nous » ! En plus de cela, les iles de Hong Kong sont géniales. Le Victoria Harbour offre le spectacle comme on peut voir sur certaines pubs: une baie bordée de gratte-ciels tous plus illimités les uns que les autres. Pour rendre cela encore plus magique, tous les soirs, à la tombée de la nuit, un lazer show depuis le toit de plusieurs buildings s’offre à vous. Autre chose totalement inattendue cette fois-ci, les collines, plages et autres espaces naturels entourant l’île. A notre grande surprise, nous avons effectué une randonnée de plusieurs heures au milieu de la nature, le visage rougi par le vent violent au sommet des crêtes. A la fin de la balade, nous nous sommes retrouvés dans un village avec de toutes petites maisons de pêcheurs !!! Qui pouvait imaginer ça avant d’atterrir à Hong Kong !
Nous avions choisi de passer quelques jours à Hong Kong afin d’y assister au Nouvel An chinois, mais bon, pour être franc, mis-à-part le feu d’artifice (le plus beau et le plus long que nous n’ayons jamais vu), il n’y a pas grand intérêt de vous décarcasser pour arriver exactement à cette date (en plus, les locaux vous dirons que le temps est chaque année pourri à cette période, ce qu’on peut vous confirmer…. Nous n’avons pas vu un rayon de soleil ou une petite tache de bleu dans le ciel pendant les cinq jours sur place ! Comme vous pourrez le voir dans la détail du voyage, nous n’avons même pas fait le  « must » - la montée au Peak – car on avait déjà la tête dans les nuages au niveau de la mer…).

Passons à Singapour et Kuala Lumpur. Après les Philippines, nous voulions rejoindre directement la Nouvelle-Zélande. Or, ayant trouvé un vol AirAsia à tarif défiant toute concurrence pour quitter l’Asie (depuis Kuala Lumpur) et rejoindre la Nouvelle-Zélande, nous avions décidé d’en profiter pour passer quatre jours dans la région (deux jours à Kuala Lumpur et deux jours à Singapour).

Singapour: Marina Bay
Singapour (deux jours) est également une ville que nous avons fortement appréciée. Bien que moins impressionnante qu’Hong Kong (visitée trois semaines plus tôt), la propreté, le calme dans les rues (très peu de voitures à toute heure grâce au péage urbain), l’efficacité imbattable du métro (grâce aux recettes du péage urbain utilisées pour le financement des transports en commun – à propos, si vous voulez plus d’informations sur le sujet, nous vous invitons à consulter l’ouvrage suivant « La congestion routière et les péages urbains » décrite comme étant la bible dans son domaine : offrez à ce mémoire l’opportunité d’enfin voir la lumière du jour après presque quatre ans d'enfermement dans les abîmes de la bibliothèque des FUNDP), le côté cosmopolite (quartier indien, quartier chinois, quartier des affaires,…) et les espaces verts dans la ville nous ont séduits.

Kuala Lumpur: ancien palais du Sultan Abdoul Samad
Pour finir, que dire sur Kuala Lumpur (deux jours)… dur dur de rivaliser avec les deux villes précédentes… moins de buildings impressionnants, plus bruyante, moins propre, transports en commun moins bien développés,… Pour être francs, nous n’avons pas vraiment été marqués par cette ville. Toutefois, l’avantage est qu’elle est la moins chère que les deux précédentes et qu’on y trouve pas mal de contrefaçons … ;) Mais bon, elle reste quand même très loin derrière la reine en la matière, Bangkok ! 

Pour plus de détail sur ce voyage et un tableau comparatif des trois villes, rendez-vous sur la page city trips

dimanche 5 février 2012

A faire très vite avant qu'il ne soit trop tard !

Une petite famille birmane habitant un village près de Kalaw

Alala, la Birmanie... on l'attendait ce pays et nous n'avons pas été déçus !

Nous y sommes restés vingt cinq jours et contrairement à ce que certains nous avaient dit, nous sommes loin d'avoir tout vu. Le pays ne se limite pas aux sites incontournables tels que Bagan et le lac Inle. Le territoire est immense et chaque endroit mérite qu'on s'y attarde quelques jours. Il y règne à chaque fois une atmosphère différente et difficilement descriptible... Nous avons été extrêmement touchés par la gentillesse et l'honnêteté des Birmans. Nous avons retrouvé ce que nous avions perdu depuis le jour où nous avons quitté l'Asie Centrale (Ouzbékistan & Kirghizistan): un tourisme respectueux dans les deux sens.
  • D'un coté, les Birmans sont intéressés par les touristes (source d'information sur le monde extérieur) et ne voient pas en eux qu'une machine à sous (excepté à Bagan, le site touristique par excellence, où les vendeurs de souvenirs ont parfois des comportements difficilement supportables comme souvent rencontrés dans le reste de l'Asie du Sud-Est. Détail important, les tuk-tuk/taxis birmans vous lâchent directement dès que vous déclinez leurs offres... impensable en Thaïlande, Laos & Cambodge!).
  • De l'autre coté, les touristes, encore pas trop nombreux, y sont beaucoup plus ouverts et respectueux (pas de tourisme de masse déjanté et arrogant!).
Au final, cela rend le voyage dans le pays très agréable.

Nous avons été surpris par l'avancée politique du régime. Apparemment la visite de Clinton en décembre 2011 aurait fait bouger beaucoup de choses. On voit désormais le portrait de Aung San Suki partout, des centaines de prisonniers politiques ont été libérés pendant notre séjour, les habitants osent parler de politique,... De la science fiction il y a si peu de temps! Un progrès, pour certains, bien trop rapide qui pourrait cacher quelque chose... l'avenir nous le dira.

En choisissant la Birmanie comme un des pays de notre itinéraire il y a un an, nous n'avions pas trop réfléchi à l'impact que cela aurait sur le pays. Nous étions juste attirés par le fait d'aller là où c'est moins touristique qu'ailleurs. En se renseignant sur le pays quelques jours avant de partir nous avons pris davantage conscience du rôle que le touriste pouvait jouer. Il est vrai que dès qu'on met les pieds dans le pays on participe au financement de la junte militaire (les dollars cédés pour le visa, les taxes de sortie, les entrées de sites,... remplissent les poches énormes des dirigeants). Toutefois, il est quand même possible de le limiter son impact en faisant gaffe à certaines petites choses: favoriser une compagnie de transport privée (parfois plus chère) à une compagnie publique, limiter la visite de sites touristiques payants (il y a encore tellement de choses très belles sans entrée), ne pas loger dans les hôtels de luxe le plus souvent étatiques (de toute façon cela ne nous concerne pas vraiment...), n'acheter aucun produit importé (fort taxé par l'état)...
L'argument le plus fort pour aller en Birmanie est que les Birmans eux mêmes le demandent: ils sont tellement contents de voir des étrangers chez eux, ils veulent que le monde extérieure soit au courant de certaines dérives du gouvernement. Et finalement, pour convaincre les derniers têtus, les zones où les droits de l'homme sont le plus respectées sont celles où les touristes pointent le bout de leur nez...

Aller, on arrête d'essayer de vous convaincre d'aller là-bas... mais c'est parce qu'on a tellement adoré: les échanges culturelles nombreux, une météo au beau fixe pour nous (sur 25 jours, 24 jours de ciel bleu!), des transports fonctionnels et rapides (bus crados mais hyper conforts), des sites touristiques tels que Bagan à couper le souffle,...
Nous qui pensions qu'après cinq mois de voyage nous commencerions à en avoir marre de tout le temps bouger et courir pour visiter, nous en sommes encore bien loin. On se surprend à faire certains sites en courant, à dormir que quelques heures parce qu'on n'arrive pas à abréger une conversation avec un Birman, à s'arrêter à chaque stand de nourriture et déguster les spécialités culinaires,...
Pour conclure, nous vous recommandons donc vivement de visiter ce pays, mais faites vite! Le pays bouge vite, même très vite. Nous avons rencontré plusieurs voyageurs étant à leur 4 ou 5ième voyage en Birmanie, tous nous ont dit que c'est la dernière fois qu'ils s'y rendaient car le pays à trop changé...

A bonne entendeur!

A quelques minutes au nord de Chaung Tha Beach

Pour plus de détail sur ce voyage, rendez-vous sur la page Birmanie

samedi 24 décembre 2011

L'Asie du sud-est

Hello les petits loulous,

Pour resituer les choses, nous avons donc quitté le Népal le 16 novembre dernier et sommes arrivés à Bangkok en soirée où nous avons retrouvé notre cher ami Kevin avec qui nous avons fait un bout de chemin (35 jours). L'humidité ambiante nous accable directement, il nous faut à peine 30 minutes de marche pour être plus dégoulinant que n'importe quel jour de notre trek au Népal. Le retour à la civilisation moderne nous émerveille: un metro aérien, des gratte-ciels, des fastfoods, des marchés où la viande et le poisson ont l'air frais, des supermarchés,...on hallucine!

On quitte Bangkok rapidement pour monter vers le nord de la Thailande en laissant dans une consigne nos pulls, bottines et vêtements de trekking. L'obejctif est de traverser la frontière au nord pour rejoindre le Laos et redescendre le Mékong jusqu'au Cambodge avant de retourner vers Bangkok à nouveau. Une seule chose nous manque: le temps (cinq semaines pour parcourir les trois pays)! C'est un peu la course, on le sait, mais on n'arrive pas à choisir quel pays zapper: tant pis, on verra bien, on avance petit à petit.

Dès les premiers jours, nous tombons amoureux de la nourriture thaïlandaise: qu'est ce que les fruit shakes sont bons! Qu'est ce que les fruits de mer sont frais! Un vrai régal de se promener dans les marchés nocturnes... Un monde de différence comparé au Népal où les étalages de poissons et viandes font peur et où presque tout est frit et refrit dans une vieille huile.
Le nord de la Thaïlande nous plait également beaucoup. Etant hors saison et juste après les catastrophiques innondations (les plus graves du pays depuis cinquante ans), nous profitons des prix imbattables proposés par les agences touristiques gouvernementales de Bangkok! (ex: 55EUR/pers pour 800km de bus, 4 nuits et 3 jours de trekking dans la jungle incluant les repas copieux et le guide!). Après ce premier trek dans la région de Chiang Maï, nous explorons à moto le triangle d'or (région très vallonnée à la frontière de la Birmanie, du Laos et de la Thailande connue pour la culture et le traffic d'opium) avant d'entrer au Laos.

Le triangle d'or - Thaïlande
Le Laos donc... alors là.. bien difficile d'exprimer ce que nous avons ressenti, surtout concernant la partie nord du pays. A cause du relief qui y était très accidenté, du manque de puissance des bus dans les montées et des freins inadaptés pour les descentes, les déplacements y étaient d'une extrême lenteur (souvent 30 km/h de moyenne)! Nous avons pris peur de ne jamais pouvoir arriver au sud du pays dans les temps et avons donc voulu nous dépêcher. Nous regrettons vraiment cet empressement car la majestuosité des paysages du nord nous a totalement séduit. C'est une région vallonée et montagneuse parsemée de villages isolés parfois seulement accessibles en bateau. Elle regorge également de grottes immenses et quasiment pas aménagées pour le tourisme, ce qui peut parfois être dangeureux... La visite à la japonnaise de cette partie du Laos nous a valu des heures et des heures de transport en commun sans au final avoir pu prendre le temps de rencontrer les laotiens et connaître la culture du pays.
Le sud du Laos, quant à lui, est bien plus plat et les déplacements y sont beaucoup plus rapides (pas comme en Thaïlande, c'est sur, mais quand même plus que 30km/h!). Nous nous sommes limités à la visite du plateau Bolaven et des 4000 îles. Un très juste choix qui nous a permis de prendre le temps d'aller à la rencontre des locaux. Ceux-ci sont très souriants et souvent interessés par notre visite. Les enfants là-bas sont incroyables : lors de nos balades à vélo, ils hurlent "hello" depuis le balcon de leur maison sur pilotis, tendent leurs mains au bord de la route pour que nous les frappons en passant, veulent jouer avec nous,... Cette expérience au sud nous a laissé le sentiment d'avoir raté tellement de choses au nord du Laos... 
Coucher de soleil depuis le 4000 îles - Laos
25 Novembre 2011, nous voilà au Cambodge, pays que nous avions failli réduire à la visite d'Angkor pour gagner du temps au Laos. Quelle erreur nous aurions fait! Nous n'avions aucune attente, au contraire, le pays nous semblait le moins interessant des trois (à partir des dires des personnes rencontrées) et pourtant, nous en gardons un souvenir particulièrement positif.
Bien que les villes n'aient pas beaucoup d'attrait pour les passionnés d'architecture (tout a été détruit par les Khmères Rouges il y a 35 ans), nous avons trouvé le pays très varié dans le cadre d'un voyage. Le Cambodge satisfait aux amateurs de farniente grâce à ses îles et plages paradisiaques, aux amoureux de la nature via l'observation des dauphins d'eau douce sur le Mékong, des poissons colorés au pied des îles, des oiseaux sur le lac Tonlé Sap,... , aux passionnés de civilisations anciennes par la visite d'Angkor, aux personnes recherchant un peuple authentique et accueillant et à tout ceux qui ne peuvent pas se passer d'excellentes baguettes fraîches (merci aux colonisateurs français)!
Ce que nous avons surtout adoré dans ce voyage, c'est la gentillesse et le sens de l'humour du peuple cambodgien. Ils sont très spontanés, blagueurs et n'hésitent pas à s'aventurer dans le second degré. Une première dans notre tour du monde!
Toutefois, il y a deux choses très énervantes chez eux: premièrement, leurs réponses “Yes, yes” quand ils ne comprennent pas votre question ou n'en connaissent pas la réponse. Cela est vite très agacant et complique l'organisation du voyage. Deuxièmement, l'intonation  plaintive et les phrases types dites par toutes les vendeuses de souvenir dans les marchés dès que vous passez à moins de dix mêtres de leur stand (“Hello, buy something”, “Miiiiissss, do you want to buyyy somethiiiiinng?”, “My friend, discount for you!”).
Pour finir, si vous décidez de vous rendre au Cambodge, il faut absolument visiter la prison “S-21” (camp de torture) et les “Killing fields” (champs d'extermination) à Phnom Penh, la capitale. Cela permet de comprendre le pays. Rapidement résumé, entre 1975 et 1979, les Khmères Rouges ont exterminé un quart de la population cambodgienne et détruit tout ce qui était relatif au passé (Angkor fait partie des rares miraculés). La violence et la cruauté des actes commis il y a si peu de temps devant les yeux de la communauté internationale soudainement aveugle nous a totalement bouleversés et mis mal à l'aise devant les témoignages des quelques rescapés. Aurait-on laissé plusieurs millions de personnes se faire massacrer pendant plusieurs années s'il y avait du pétrol sous le Cambodge?
C'est sur cette pensée philosophique que nous avons rejoint la Thailande.

Angkor - Cambodge

Arrivés le 18 décembre 2011 à Bangkok, nous décidons de descendre directement vers les îles paradisiaques du sud de la Thailande. Alors là, INCROYABLE! Nous.....   oups.... c'est Noël maintenant...désolé, nous sommes appelé à rejoindre notre table dressée sur une plage de Kho Lanta... notre repas de Noël est prêt !

Pour plus d'info sur les différents pays, rendez-vous sur les onglets Thaïlande , Laos et Cambodge

samedi 10 décembre 2011

Yes, we did it !


Le souffle manque, les battements du cœur s'accélèrent au moindre effort, un petit mal de tête commence à se faire ressentir... plus que 800 mètres...nous l'apercevons...nous l'approchons... enfin, nous y voilà! Nous l'avons fait ce fameux col Thorung La à 5416 mètres d'altitude ... voilà décrit notre moment le plus fort au Népal!

Thorung La - 5416m

Sur le mois passé au Népal, la moitié de notre voyage a été consacrée à la randonnée dans les Annapurnas, l'autre moitié à la visite des villes et villages dans la vallée de Katmandou.

Les deux premières semaines, nous avons arpenté les deux trekkings suivants: le tour des Annapurnas (7 jours) et le camp de base des Annapurnas (5 jours). Grâce à notre entraînement au Kirghizistan, à un daal-bat tous les soirs (plat local à base de riz servi à volonté) et au goût du challenge, nous avons effectué ces circuits, sans guide ni porteur, presque trois fois plus rapidement que les temps indiqués dans les guides (Lonely Planet) et les agences de voyage. Sans grande surprise, les paysages étaient grandioses et diversifiés: rizières, cascades, forêts subtropicales, ponts suspendus, lacs, vallées arides, pics enneigés, ... Un vrai régal!
Toutefois, nous avons été très déçus par les villages de montagne traversés. La grande majorité de ceux-ci ont perdu toute leur authenticité: les villageois ne font rien de leur journée mis à part attendre les touristes pour louer des chambres; des enfants courent vers vous en criant «money, money, money», impossible de prendre une photo d'un vieillard sans qu'il ne réclame de l'argent, très difficile de trouver un népalais ne parlant pas anglais (jeunes, vieillards, business men, balayeurs, citadins ou villageois) .... Par ailleurs, la pratique de prix différencié (prix touriste = 4 x prix local) est globalisée et nullement cachée.  Imaginez le désenchantement pour nous qui venions de passer cinq semaines en Ouzbékistan et Kirghizistan... une autre planète! Ne noircissons pas trop non plus, nous avons quand même été séduits par l'atmosphère de certains villages tels que Kagbeni, Yarkot et Marpha.

Après les deux semaines de quiétude dans la montagne, le retour à la «civilisation» a été radical: le murmure du vent et des cascades au fond de la vallée a été remplacé par le vacarme des coups de klaxon à 50 cm de nos pauvres tympans et la sérénité et l'immensité des montagnes par des ruelles étroites et surpeuplées. On ne sait pas trop pourquoi, ni comment mais on y trouve quand même un certain charme. Tout y est tellement différent par rapport à l'Europe: les villes sont composées de petites ruelles animées où les motos se fraient un chemin, à grand coups de klaxons inutiles, entre les piétons, les stands de nourriture sur roulettes, les tuk-tuks, les camionnettes, les chiens (dormant presque toujours), une vache,...
Les temples et les statues de Bouddha et autres dieux sont partout: sur une belle place, derrière une poubelle, au milieu d'un parking à moto, entre des cordes à linge,.... Nous avons été frappés par l'omniprésence de la religion dans la vie quotidienne des Népalais. Tous les jours, nous assistions à des cérémonies religieuses (tant dans les temples que sur le bord d'une ruelle, à 10 cm des roues et klaxons des motos). Il est très difficile de trouver une petite statue d'un dieu sans offrande ou de ne pas se faire réveiller par des coups de cloche dès cinq heures du mat'!

En quelques mots, le souvenir que nous gardons de notre voyage au Népal est le contraste manichéen entre les Annapurnas et les villes et villages dans la vallée de Katmandou. Le trekking nous a permis de découvrir des paysages fabuleux parsemés de villages, malheureusement souvent vidés de toute authenticité. La visite des villes et villages autour de Katmandou nous a permis de côtoyer la civilisation népalaise authentique: l'importance du culte religieux, la sérénité des temples hindous et des stupas bouddhistes, le désordre et le brouhaha en rue,...

Malgré notre désenchantement durant la première semaine au Népal (la générosité de l'Asie centrale vs le Népal où le touriste qui doit payer un maximum est la règle), avec le recul, on se dit qu'on a finalement vraiment apprécié ce petit mois au Népal. De plus, nous n'avons vu qu'une infime partie (Annapurnas et vallée de Kathmandou), certainement la plus touristique. Il y a encore tellement de sites à explorer.
Cette fois-ci, nous avons choisi la facilité et les petits prix (nous menant donc sur des circuits touristiques où l'infrastructure est développée). Quand nous reviendrons, avec un autre budget, nous opterons pour les coins reculés nécessitant guides, porteurs et permis,...!

Patan

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