samedi 24 décembre 2011

L'Asie du sud-est

Hello les petits loulous,

Pour resituer les choses, nous avons donc quitté le Népal le 16 novembre dernier et sommes arrivés à Bangkok en soirée où nous avons retrouvé notre cher ami Kevin avec qui nous avons fait un bout de chemin (35 jours). L'humidité ambiante nous accable directement, il nous faut à peine 30 minutes de marche pour être plus dégoulinant que n'importe quel jour de notre trek au Népal. Le retour à la civilisation moderne nous émerveille: un metro aérien, des gratte-ciels, des fastfoods, des marchés où la viande et le poisson ont l'air frais, des supermarchés,...on hallucine!

On quitte Bangkok rapidement pour monter vers le nord de la Thailande en laissant dans une consigne nos pulls, bottines et vêtements de trekking. L'obejctif est de traverser la frontière au nord pour rejoindre le Laos et redescendre le Mékong jusqu'au Cambodge avant de retourner vers Bangkok à nouveau. Une seule chose nous manque: le temps (cinq semaines pour parcourir les trois pays)! C'est un peu la course, on le sait, mais on n'arrive pas à choisir quel pays zapper: tant pis, on verra bien, on avance petit à petit.

Dès les premiers jours, nous tombons amoureux de la nourriture thaïlandaise: qu'est ce que les fruit shakes sont bons! Qu'est ce que les fruits de mer sont frais! Un vrai régal de se promener dans les marchés nocturnes... Un monde de différence comparé au Népal où les étalages de poissons et viandes font peur et où presque tout est frit et refrit dans une vieille huile.
Le nord de la Thaïlande nous plait également beaucoup. Etant hors saison et juste après les catastrophiques innondations (les plus graves du pays depuis cinquante ans), nous profitons des prix imbattables proposés par les agences touristiques gouvernementales de Bangkok! (ex: 55EUR/pers pour 800km de bus, 4 nuits et 3 jours de trekking dans la jungle incluant les repas copieux et le guide!). Après ce premier trek dans la région de Chiang Maï, nous explorons à moto le triangle d'or (région très vallonnée à la frontière de la Birmanie, du Laos et de la Thailande connue pour la culture et le traffic d'opium) avant d'entrer au Laos.

Le triangle d'or - Thaïlande
Le Laos donc... alors là.. bien difficile d'exprimer ce que nous avons ressenti, surtout concernant la partie nord du pays. A cause du relief qui y était très accidenté, du manque de puissance des bus dans les montées et des freins inadaptés pour les descentes, les déplacements y étaient d'une extrême lenteur (souvent 30 km/h de moyenne)! Nous avons pris peur de ne jamais pouvoir arriver au sud du pays dans les temps et avons donc voulu nous dépêcher. Nous regrettons vraiment cet empressement car la majestuosité des paysages du nord nous a totalement séduit. C'est une région vallonée et montagneuse parsemée de villages isolés parfois seulement accessibles en bateau. Elle regorge également de grottes immenses et quasiment pas aménagées pour le tourisme, ce qui peut parfois être dangeureux... La visite à la japonnaise de cette partie du Laos nous a valu des heures et des heures de transport en commun sans au final avoir pu prendre le temps de rencontrer les laotiens et connaître la culture du pays.
Le sud du Laos, quant à lui, est bien plus plat et les déplacements y sont beaucoup plus rapides (pas comme en Thaïlande, c'est sur, mais quand même plus que 30km/h!). Nous nous sommes limités à la visite du plateau Bolaven et des 4000 îles. Un très juste choix qui nous a permis de prendre le temps d'aller à la rencontre des locaux. Ceux-ci sont très souriants et souvent interessés par notre visite. Les enfants là-bas sont incroyables : lors de nos balades à vélo, ils hurlent "hello" depuis le balcon de leur maison sur pilotis, tendent leurs mains au bord de la route pour que nous les frappons en passant, veulent jouer avec nous,... Cette expérience au sud nous a laissé le sentiment d'avoir raté tellement de choses au nord du Laos... 
Coucher de soleil depuis le 4000 îles - Laos
25 Novembre 2011, nous voilà au Cambodge, pays que nous avions failli réduire à la visite d'Angkor pour gagner du temps au Laos. Quelle erreur nous aurions fait! Nous n'avions aucune attente, au contraire, le pays nous semblait le moins interessant des trois (à partir des dires des personnes rencontrées) et pourtant, nous en gardons un souvenir particulièrement positif.
Bien que les villes n'aient pas beaucoup d'attrait pour les passionnés d'architecture (tout a été détruit par les Khmères Rouges il y a 35 ans), nous avons trouvé le pays très varié dans le cadre d'un voyage. Le Cambodge satisfait aux amateurs de farniente grâce à ses îles et plages paradisiaques, aux amoureux de la nature via l'observation des dauphins d'eau douce sur le Mékong, des poissons colorés au pied des îles, des oiseaux sur le lac Tonlé Sap,... , aux passionnés de civilisations anciennes par la visite d'Angkor, aux personnes recherchant un peuple authentique et accueillant et à tout ceux qui ne peuvent pas se passer d'excellentes baguettes fraîches (merci aux colonisateurs français)!
Ce que nous avons surtout adoré dans ce voyage, c'est la gentillesse et le sens de l'humour du peuple cambodgien. Ils sont très spontanés, blagueurs et n'hésitent pas à s'aventurer dans le second degré. Une première dans notre tour du monde!
Toutefois, il y a deux choses très énervantes chez eux: premièrement, leurs réponses “Yes, yes” quand ils ne comprennent pas votre question ou n'en connaissent pas la réponse. Cela est vite très agacant et complique l'organisation du voyage. Deuxièmement, l'intonation  plaintive et les phrases types dites par toutes les vendeuses de souvenir dans les marchés dès que vous passez à moins de dix mêtres de leur stand (“Hello, buy something”, “Miiiiissss, do you want to buyyy somethiiiiinng?”, “My friend, discount for you!”).
Pour finir, si vous décidez de vous rendre au Cambodge, il faut absolument visiter la prison “S-21” (camp de torture) et les “Killing fields” (champs d'extermination) à Phnom Penh, la capitale. Cela permet de comprendre le pays. Rapidement résumé, entre 1975 et 1979, les Khmères Rouges ont exterminé un quart de la population cambodgienne et détruit tout ce qui était relatif au passé (Angkor fait partie des rares miraculés). La violence et la cruauté des actes commis il y a si peu de temps devant les yeux de la communauté internationale soudainement aveugle nous a totalement bouleversés et mis mal à l'aise devant les témoignages des quelques rescapés. Aurait-on laissé plusieurs millions de personnes se faire massacrer pendant plusieurs années s'il y avait du pétrol sous le Cambodge?
C'est sur cette pensée philosophique que nous avons rejoint la Thailande.

Angkor - Cambodge

Arrivés le 18 décembre 2011 à Bangkok, nous décidons de descendre directement vers les îles paradisiaques du sud de la Thailande. Alors là, INCROYABLE! Nous.....   oups.... c'est Noël maintenant...désolé, nous sommes appelé à rejoindre notre table dressée sur une plage de Kho Lanta... notre repas de Noël est prêt !

Pour plus d'info sur les différents pays, rendez-vous sur les onglets Thaïlande , Laos et Cambodge

samedi 10 décembre 2011

Yes, we did it !


Le souffle manque, les battements du cœur s'accélèrent au moindre effort, un petit mal de tête commence à se faire ressentir... plus que 800 mètres...nous l'apercevons...nous l'approchons... enfin, nous y voilà! Nous l'avons fait ce fameux col Thorung La à 5416 mètres d'altitude ... voilà décrit notre moment le plus fort au Népal!

Thorung La - 5416m

Sur le mois passé au Népal, la moitié de notre voyage a été consacrée à la randonnée dans les Annapurnas, l'autre moitié à la visite des villes et villages dans la vallée de Katmandou.

Les deux premières semaines, nous avons arpenté les deux trekkings suivants: le tour des Annapurnas (7 jours) et le camp de base des Annapurnas (5 jours). Grâce à notre entraînement au Kirghizistan, à un daal-bat tous les soirs (plat local à base de riz servi à volonté) et au goût du challenge, nous avons effectué ces circuits, sans guide ni porteur, presque trois fois plus rapidement que les temps indiqués dans les guides (Lonely Planet) et les agences de voyage. Sans grande surprise, les paysages étaient grandioses et diversifiés: rizières, cascades, forêts subtropicales, ponts suspendus, lacs, vallées arides, pics enneigés, ... Un vrai régal!
Toutefois, nous avons été très déçus par les villages de montagne traversés. La grande majorité de ceux-ci ont perdu toute leur authenticité: les villageois ne font rien de leur journée mis à part attendre les touristes pour louer des chambres; des enfants courent vers vous en criant «money, money, money», impossible de prendre une photo d'un vieillard sans qu'il ne réclame de l'argent, très difficile de trouver un népalais ne parlant pas anglais (jeunes, vieillards, business men, balayeurs, citadins ou villageois) .... Par ailleurs, la pratique de prix différencié (prix touriste = 4 x prix local) est globalisée et nullement cachée.  Imaginez le désenchantement pour nous qui venions de passer cinq semaines en Ouzbékistan et Kirghizistan... une autre planète! Ne noircissons pas trop non plus, nous avons quand même été séduits par l'atmosphère de certains villages tels que Kagbeni, Yarkot et Marpha.

Après les deux semaines de quiétude dans la montagne, le retour à la «civilisation» a été radical: le murmure du vent et des cascades au fond de la vallée a été remplacé par le vacarme des coups de klaxon à 50 cm de nos pauvres tympans et la sérénité et l'immensité des montagnes par des ruelles étroites et surpeuplées. On ne sait pas trop pourquoi, ni comment mais on y trouve quand même un certain charme. Tout y est tellement différent par rapport à l'Europe: les villes sont composées de petites ruelles animées où les motos se fraient un chemin, à grand coups de klaxons inutiles, entre les piétons, les stands de nourriture sur roulettes, les tuk-tuks, les camionnettes, les chiens (dormant presque toujours), une vache,...
Les temples et les statues de Bouddha et autres dieux sont partout: sur une belle place, derrière une poubelle, au milieu d'un parking à moto, entre des cordes à linge,.... Nous avons été frappés par l'omniprésence de la religion dans la vie quotidienne des Népalais. Tous les jours, nous assistions à des cérémonies religieuses (tant dans les temples que sur le bord d'une ruelle, à 10 cm des roues et klaxons des motos). Il est très difficile de trouver une petite statue d'un dieu sans offrande ou de ne pas se faire réveiller par des coups de cloche dès cinq heures du mat'!

En quelques mots, le souvenir que nous gardons de notre voyage au Népal est le contraste manichéen entre les Annapurnas et les villes et villages dans la vallée de Katmandou. Le trekking nous a permis de découvrir des paysages fabuleux parsemés de villages, malheureusement souvent vidés de toute authenticité. La visite des villes et villages autour de Katmandou nous a permis de côtoyer la civilisation népalaise authentique: l'importance du culte religieux, la sérénité des temples hindous et des stupas bouddhistes, le désordre et le brouhaha en rue,...

Malgré notre désenchantement durant la première semaine au Népal (la générosité de l'Asie centrale vs le Népal où le touriste qui doit payer un maximum est la règle), avec le recul, on se dit qu'on a finalement vraiment apprécié ce petit mois au Népal. De plus, nous n'avons vu qu'une infime partie (Annapurnas et vallée de Kathmandou), certainement la plus touristique. Il y a encore tellement de sites à explorer.
Cette fois-ci, nous avons choisi la facilité et les petits prix (nous menant donc sur des circuits touristiques où l'infrastructure est développée). Quand nous reviendrons, avec un autre budget, nous opterons pour les coins reculés nécessitant guides, porteurs et permis,...!

Patan

Pour plus de détails sur ce voyage, rendez-vous sur la page Népal